lundi 22 octobre
1er B.C.P - Liste des morts de A. à G.
Merci à Evelyne et Marc Rohmer pour leur contribution à l'établissement de cette liste qui sera complétée par la suite.
ICI
samedi 23 juin
Le 26 mai 1915 d’Albert Thierry
Albert Thierry (soldat à la 5° compagnie du 28° R.I.) était professeur à l’école normale des instituteurs de Versailles (78). Poète, écrivain, pédagogue, cet homme d’une trentaine d’années trouva la mort le 26 mai 1915 devant la tranchée des saules où son régiment, le 28e RI tentait de prendre le Bois carré.
Depuis août 1914, Albert Thierry tient un carnet de guerre. Voici les dernières lignes de ce carnet, publié dans « La Grande Revue » en 1917 et 1918.
Mercredi 26 mai 1915
Réveil froid et courbatu dans cette aube charmante et ce beau soleil. Les ormes immobiles sur la route d’Arras, un ballon doré vers Noulette, et tout le reste du ciel d’été tranquille et pur…
As-tu remarqué que, du fond de la tranchée, on ne peut rien voir que les choses d’en haut, aériennes ou célestes !
Ainsi cet aéroplane d’hier soir canonne encore juste au-dessus de la première étoile… En ce moment-ci, un grand calme, un beau silence un peu fiévreux par les pulsations précipitées d’une mitrailleuse.
Pas de lettres : à vous ce chagrin de l’homme enterré, alouettes !
Cinéma de mouvement : En tenue. En avant. Halte. Reculez. Retournez à vos anciens emplacements (Distributions de pain et de viande froide).
Idées : Ce que je reproche à Dieu, à sa Providence, c’est de ne pas être égalitaire. (Par exemple, d’avoir pris Soulas et de pas m’avoir pris.) Mais il pourrait être juste autrement. Toute négation de Dieu est une pensée anti. C’est une pensée établie au point de vue du ne pas comprendre…
Mais qui se placera dans la pensée même de Dieu comme s’il la connaissait ? Le Fils. Le Fils co-éternel, co-essentiel, co-substanciel à son Père.
Si vous êtes, Seigneur, donnez-moi de vous connaître un jour, ainsi que cette sainte femme d’Orbais vous en a prié… Donnez-moi de vivre après ces victoires apparentes, afin de remporter grâce à votre grâce, la seule victoire qui compte.
Mais si vous êtes Seigneur, et si vous le préférez, donnez-moi de mourir. De mourir en prononçant le nom de Celle que j’aime.
Cinéma de mouvement. En avant, ne vous mêlez pas avec le troisième bataillon. Attention aux fils. Halte. Reculez. En avant. L’arme à la main. Halte. Attention aux blessés. (Dans ce rempart des mitrailleuses, à même les brancards, il y a même des morts.) Serrez. Halte. Ne serrez pas. Reculez. Demi-tour, bien entendu et en avant. (En avant dans la direction du demi-tour, bien entendu, dans la direction contraire à la ligne de feu !) En avant. Laissez passer les mitrailleurs. Halte. En avant. Laissez passer le lieutenant. Laisser passer le capitaine. (Un capitaine quelconque puisque nous n’en avons pas.) Demi-tour, halte, en avant. (Dans la direction du feu à nouveau.) Halte. En avant à un mètre cinquante de distance.
En avant. Halte. En avant. Demi-tour. Non en avant ! Baissez-vous en passant. En avant. Baissez-vous, à cause de l’arrière. (On était en vue de l’horrible colline gorgée de morts.) Attention au mort. (Figure terreuse dans un coin du boyau.) Halte.
- Plaisanteries en nous voyant passer. Car en chemin nous nous écrasons avec des infirmiers, des mitrailleurs, des téléphonistes, des agents de liaison, des compagnies de territoriale. – Exercice de boyaux, dit l’un. – Je préférais être resté dans celui de ma mère, dit l’autre.
Les boyaux sont champêtres ici : on y a planté une espèce d’avoine sur les remblais, et des fèves qui sont en fleurs. Le temps admirablement serein et chaud. Le ciel parfait sauf ces petits nuages autour de nos charmants aéroplanes blancs.
Halte et longue séance dans la tranchée de tir, entre des murs de terre et des sacs, sans tirer, sous un bombardement intermittent et quelques balles.
W… : « Est-ce pas malheureux qu’une mère élève un fils jusqu’à vingt ans pour le faire tuer ? – Moi : Elle ne l’élève pas pour le garder sur ses genoux, mais pour lui donner une forte vie, et qu’il la donne librement, à quelque chose de grand. »
Disant cela, je suis frappé de voir comme c’est bien répondu aussi dans la pensée de Dieu. Il ne vous a pas élevé, Vous mon Ami unique, pour que vous jouissiez !... (non, je ne puis pas ! je ne puis pas appliquer cela à Soulas…) Que vous êtes dure, Vérité !
Nous sommes huit assis à ces deux créneaux. Quelle salade si l’obus y tombait !...
Mais il n’y tombera pas, ... car tu me protèges et je les protège.
Le capitaine passe et me dit qu’il est défendu de faire un carnet de route. Je le sais bien. Et surtout celui-ci, trop vrai qu’il est, tout surprenant qu’il soit. Mais nous ne parlerons pas du danger.
…………………………………………….
Selon son acte de décès, Albert Thierry sera déclaré mort à 16h par un éclat d’obus reçu à la tête. Comme beaucoup d’autres de ses compagnons, ils reposent probablement dans l’un des ossuaires de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette.
jeudi 21 juin
Violente attaque allemande le 3 Mars 1915
Extrait du JMO du 158° RI
S.H.D. côte 26N700
Dans son compte-rendu des évènements de la nuit fourni à cinq heures le commandant du 3° bataillon signale que la nuit a été calme dans le secteur du bataillon ; mais qu'à 2 h 30, une vive fusillade a été entendue vers le 149e.
À 5 heures 55, Aix houlette est violemment bombardée en particulier les PC du colonel, du chef de bataillon du 158e et du chef de bataillon du 143e territorial, le quartier de l'église et les issues (obus de 150 sur le quartier central, 205 et 77 sur les issues).
Les communications téléphoniques sont interrompues.
Le colonel donne à 6 heures, au commandant du 2° bataillon l'ordre d'alerter son bataillon.
L'ordre d'alerte reçu à 6 h 05 et transmis et exécuté aussitôt avec la plus grande rapidité. Les compagnies se rassemblent et gagnent leurs emplacements sans trop de pertes, malgré la pluie d'obus qui s'abat sur le cantonnement.
À 6 h 50 le chef de bataillon et la compagnie qui a été très de la première sont rue Zeffe à l'issue Est de Noulette.
À 7 h 15 tout est en place : 8° au bois quatre en soutien du bois boche et avec mission de faire liaison avec le 149e à sa droite ; 6° et 7° rue Zeffe 5° au Fossé des loups.
La suite : ICI
dimanche 17 juin
Carrés Militaires à GRENAY (62) - 95 noms
Sépultures Françaises - Carré militaire du Cimetière Communal de Grenay (62)
Classement par ordre alphabétique : ICI
Classement par unités : ICI
Sépultures Françaises - Cimetière Britannique de Grenay (62)
Classement par ordre alphabétique : ICI
Classement par unités : ICI
mardi 12 juin
Carré militaire de BULLY-LES-MINES (62) - 318 noms
Liste alphabétique : ICI
Liste par unités : ICI
samedi 09 juin
28° R.I. le 26 Mai 1915
Complément du JMO du 28e RI, rapport daté du 7 juin 1915 :
Cote 26N603, SHD Vincennes
Résumé du journal de marche en ce qui concerne l'action de la compagnie Jérôme dans la journée du 26 mai 1915
A 14 heures, la compagnie Jérôme (2e compagnie du bataillon Testard) est massée dans la tranchée de première ligne au S.O. de la route Aix-Noulette Souchez.
Elle a pour mission de se porter en première ligne à l'assaut de la corne Ouest du Bois carré.
A 14h27, trois minutes avant l'allongement du tir de l'Artillerie, la compagnie Jérôme sort de ses tranchées et se porte à l'attaque ; malgré des pertes élevées, elle atteint les tranchées allemandes, puis progresse dans l'intérieur du Bois carré (Bois 9).
Les compagnies qui débouchent ultérieurement prises sous de violents feux d'enfilade, sont arrêtées. La compagnie Jérôme, malgré un violent bombardement, se maintient dans le Bois 9 jusqu'à la nuit ; elle est réduite au 1/3 de son effectif.
A 21 heures les débris de cette compagnie, contre attaqués de tous côtés, sont rejetés sur nos tranchées.
Signé : Roller
Note :
Cette compagnie fut l'une des compagnies les plus touchées ce 26 mai 1915 : deux officiers disparus (faits prisonniers), un officier tué, 51 soldats blessés, 60 soldats disparus : tués ou faits prisonniers (chiffres du JMO).
Le capitaine Albert Jérôme sera blessé le 10 avril 1916 à Verdun. En juillet 1917, il passera à l'État-major particulier de l'Infanterie, École militaire préparatoire de Rambouillet.
Le capitaine Jérome
Le bois 10 & le bois carré
samedi 26 mai
28°RI - Journées des 24 - 25 - 26 mai 1915
Extrait du J.M.O du 28° R.I. - côte SHD : 26N603
transcription : Vincent Le Calvez
24 Mai 1915 (Lundi)
S.P.A. 47 Officiers 2614 hommes
Le régiment occupe les mêmes cantonnements.
Le Colonel a pris connaissance dans les journées des 23 et 24 les ordres suivants de la 43e D.I. : O. Général n°356 en date du 22 Mai ; Instruction n°357 ; O. d’opération n°358 pour la journée du 25 Mai, en date du 23 ; complément à l’ordre d’opérations n°358 pour la journée du 25 Mai ; en date du 24.
Extrait de l’Ordre n°358 :
« I. La 43e D.I. attaquera, le 25 Mai, la partie des positions ennemies qui s’étend entre le chemin à un trait de Noulette à Souchez et une ligne tracée à mi-distance des chemins d’Aix-Noulette à Angres et de Bully à Angres ligne prolongée dans la direction du cimetière d’Angres (zone du 9e C.A.).
But - prendre pied solidement sur la croupe au N. de Souchez et sur la croupe à l’O. d’Angres en s’emparant du bois en hache et du bois 11.
Suite :ICI
mardi 22 mai
3° BCP - Journée du 25 mai 1915
Extrait du J.M.O du 3° BCP - Côte SHD : 26N816
Transcription : Louis Scheromm
25 mai 11 heures 40
Attaque : L’heure de l’attaque est fixé à :
Brigade Bleue : 12 heures 40
48e Division (à notre droite) : 12 heures 40
11e Brigade (à notre gauche) : 12 heures 10
11 heures 40, ordre est donné aux 2 Cies du 31e BCP mises à disposition du Commandant du 3e de suivre le mouvement des troupes d’attaque, et de venir successivement les remplacer sur le plateau, dans le boyau des Vaches (2e Cie du 31e) et à la Haie G (3e Cie du 31e)
2 sections de mitrailleuses du 31e sont également appelées sur le plateau pour 12 heures 40.
12 heures 40, après le tir d’efficacité de l’artillerie et au signal donné par le Chef de Bataillon : Refrain du Bataillon et Sonnerie de la Charge, les 3 Cies s’élancent en dehors de nos tranchées, sautant par-dessus le parapet, baïonnette au canon, et descendent dans un ordre parfait à l’assaut des lignes allemandes malgré un tir de barrage d’une extrême violence de la part des Allemands.
13 heures 25, les agents de liaison donnent comme premier renseignement que l’objectif de l’attaque est sensiblement atteint presque partout.
Suite : ICI
10° BCP - la terrible journée du 3 Mars 1915
Extrait JMO du 10° BCP - côte SHD : 26N820
Transcription : Alain Chaupin
Le 3 mars au matin le sous-secteur de Lorette était tenu par 6 compagnies 1ère - 4ème et 5ème du 10ème bataillon et 2ème - 3ème et 5ème du 31ème et était placé sous les ordres du commandant Faury:; 4 compagnies se trouvaient accolées en première ligne, chacune possédant ses renforts propres; les compagnies de droite formaient un groupement sous les ordres du capitaine Pelhomme.
Deux compagnies étaient en réserve, une près du P.C. du Bois de Bouvigny, l'autre, moitié vers les abris du génie, moitié au bivouac Eveno.
La veille les allemands avaient dirigé sur tout le sous secteur un bombardement violent d'artillerie et de torpilles.
Les dégâts étaient très importants, les parallèles détruites sur de nombreux points, particulièrement devant la sape 3, devant la sape 5, entre les sapes 6 et 8 et devant la sape 9; les sapes 3,4,5,7 étaient complètement éboulées; les accidents les plus graves se produisirent entre les sapes 6 et 8.
Par contre, comme les travaux de l'adversaire avaient été bouleversés par le feu efficace de notre artillerie, le Chef de Bataillon pouvait espérer que les allemands ne profiteraient pas de la situation.
Le travail de jour étant devenu impossible dans la plus grande partie du secteur par suite du bombardement, toutes les unités essayèrent pendant la nuit de réparer les dégâts commis.
Deux compagnies cantonnées à Marqueffles, deux compagnies territoriales et des équipes du génie prêtèrent leur concours.
L'artillerie ennemie gênait le travail par un tir systématique, on dû parer au plus pressé.
Le lendemain en faisant la visite des tranchées entre 4 et 6 heures, le Chef de Bataillon pouvait constater que dans les secteurs des compagnies du 31ème, qui allaient de la sape V à la sape VI, les parapets avaient pu être rétablis et qu'à l'exception de la sape III, les communications étaient ouvertes de nouveau.
Suite :
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24ème R.I. extrait du JMO pour les journées du 23 au 26 Mai 1915
Extrait JMO 24° R.I. - Cote SHD 26N599
Transcription Vincent Le Calvez
23 mai 1915
Les unités du régiment occupent le cantonnement de Petit-Sains et la fosse 10.
24 mai 1915
Les unités du régiment occupent le même cantonnement.
En exécution des ordres donnés par le Général commandant la 43e Division la 11e Brigade doit prendre part le 25 Mai à l'attaque des positions ennemies qui s'étendent entre le chemin à un trait de Noulette à Souchez au point h1 d'une part à la sape 3 exclue. Le 24eme en première ligne, le 28eme en 2e ligne.
La relève et la prise du dispositif initial doivent avoir lieu dans les conditions suivantes :
dans la nuit du 24 au 25 entre 21 et 24 heures. 2 bataillons du 24eme relèveront le 158eme.
La prise du dispositif d'attaque ne devant avoir lieu que de 0 heure à 3 heures : 2 bataillons du 24e en première ligne, 1 bataillon rue Zeffé et fosse aux loups.
A 8 heures 10, en exécution des ordres ci-dessus , les ordres suivants sont donnés :
Relève des unités du 158eme dans le secteur d'Aix-Noulette par celles du 24e dans la soirée à partir de 21 heures.
1er et 2eme Bataillons en 1re ligne
3eme Bataillon en 2eme ligne.
Le 1er Bataillon au S.O. de la route d'Arras entre la route comprise et le chemin h 1 (chemin de Noulette à Souchez).
1re compagnie : tranchée du bois 10 et de la route d'Arras au point h1.
2e compagnie : tranchée du Parados.
4e compagnie : 3 sections dans la tranchée de soutien au Nord du bois des boches.
1 section dans la tranchée reliant la tranchée Sud du bois 10 au bois des boches.
3e compagnie : la parallèle du chemin creux entre le bois 2 et le bois 3.
suite :
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