Notre Dame de Lorette - Combats d'Artois

Ce site a pour but d'établir des contacts afin d'aider, de renseigner, d'accompagner les personnes qui recherchent la trace d'un parent y ayant combattu en 1914 et 1915 . Contact: collectif.artois@free.fr

dimanche 02 mars

La chanson de Lorette

La Chanson de Craonne ou Chanson de Lorette est depuis longtemps un élément central dans la  mémoire de la Première guerre mondiale.  Chantée notamment par Marc Ogeret et Maxime Leforestier.

Vous pouvez l'écouter :

http://www.dailymotion.com/video/x30dzv_chanson-de-craonne_events

C'est Paul Vaillant-Couturier qui la publia sous le nom de "Chanson de Lorette" en 1919, le titre fut transformé à partir des années 20 en Chanson de Craonne et qui est aujourd'hui la version la plus connue.

Extrait de « La guerre des soldats » de Raymond Lefebvre et Paul Vaillant-Couturier
Paris, Ernest Flammarion, éditeur.

"Il n’y avait pas de doute, c’était bien droit sur Verdun qu’on allait, et quand, avant de s’endormir, dans nos vastes granges, un éclat de rire partait, ici ou là, il s’éteignait vite et ne se propageait jamais. C’était le moment où on écrivait beaucoup à ses vieux, à ses frangins, à ses frangines, à sa poule, à ses mômes.

- Pierrot, chante-nous la chanson de Lorette, demanda quelqu’un.
- Tu peux y aller, on est que des copains ici.
- Y a pas d’jésuites.
- On reprendra en cœur au refrain.

Pierrot but un coup et, la tête baissée, les yeux mi-clos, commença, sur un ton très doux, presque à mi-voix, comme un enfant qui pleure seul.
Au refrain, nous chantions tous, comme pour une litanie, en voix de tête et très faiblement :

Quand au bout d’huit jours,
Le repos terminé
Nous allons reprend’ les tranchées,
Notre vie est utile
Car sans nous on prend la pile,
Oui, mais maintenant
On est fatigué,
Les hommes ne peuv’ plus marcher,
Et le cœur bien gros
Avec des sanglots
On dit adieu aux civlots."

Le texte intégral :
ICI

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lundi 25 février

Visite à Neuville Saint Vaast

(D’après les notes prises, en décembre 1915, par l’abbé Raymond Plouviez, enfant du pays).

I. -  « Vous revenez de Neuville ? Qu’en reste-t-il ? -  Rien ! » -  Après quinze mois d’exil, j’ai voulu revoir Neuville Saint Vaast ou, pour parler exactement, ce qui jadis était Neuville.
« Votre village, disait un capitaine, est un modèle de dévastation, un vrai type de destruction ; Ablain et Carency ont un aspect présentable, si on les comparent à Neuville. »

II. -  A Marœuil, le voisinage de la ligne de feu se fait de plus en plus sentir. Nous visitons l’église. Trouée (V. Illustration, n° 3774), salie, balafrée d’une façon désolante, elle est encore debout. Un 210, après avoir éventré le cœur, a pulvérisé le maître-autel. Des nuées d’oiseaux bruyants s’abritent sous ses voûtes. Le cimetière déborde des deux côtés. Les petites croix s’alignent en grand nombre, portant chacune un nom et, en-dessous, la glorieuses mention : « Mort pour la Patrie ! » Des noms connus attirent le regard : les deux fils du général de P…, tués en mai à trois jours d’intervalle ; le colonel de S… ; des prêtres-soldats, infirmiers ou combattants ; le sous-lieutenant de L…, dernier descendant du héros vendéen, mort à dix-neuf ans, et ces deux croix jumelles, penchées l’une sur l’autre, qui rappellent d’une façon touchante, la mort de deux jumeaux, dont l’un fut tué sur le corps de son frère mourant, à qui il adressait un dernier adieu ! Des bouteilles, contenant de courtes notices, sont plantées sur les tombes ; de loin en loin un casque, surmontant une croix, laisse apercevoir la trouée béante par où a passé la mort.
Une dame en grand deuil descend d’une auto militaire, guidée par un aumônier, sur la houppelande duquel se détache un crucifix, un ruban rouge et la croix de guerre avec deux palmes. Un instant d’hésitation, puis il indique une petite croix noire ; la mère s’agenouille sur la tombe de son fils, et dépose une gerbe de fleurs : ses sanglots ajoutent encore à la tristesse du lieu.
la suite : ICI

Neuville_St_Vaast___une_rue

 

Posté par histobully à 18:40 - Récits et Témoignages - Commentaires [1] - Permalien [#]



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